Ouf du Bled, le concept !

Ouf Du BledPlus qu'un festival, Ouf du bled est un nouveau concept à découvrir. Vous décidez du gagnant et vous repartez avec des cadeaux.

IPod Touch Happy Winners

Ouf Du BledVous étiez nombreux à voter le 3 mai. Finalement 9 d'entre vous sont repartis avec un Ipod Touch. Félicitations

Les groupes gagnants

Ouf Du BledFélicitations aux deux groupes gagnants de la 1ère édition OufDuBled; TIGRESSES FLOW et ANTI-BBOYS CREW
La culture Hip Hop


C’est dans le milieu des années 70, dans le South Bronx (NYC) que le mouvement Hip Hop va apparaître. En plein cœur du ghetto, de la drogue, du crime et de toutes les formes de violences imaginables, ce mouvement sera le point de rencontre, de diverses cultures et expressions artistiques.

 

De manière générale on divise le Hip Hop en quatre principales disciplines : la danse, le graffiti, le DJ’ing, et le MC’ing


C’est en voyant Kool HEC aux platines que Afrika Bambaataa allait lui aussi trouver sa voie. Bambaataa, vient lui aussi du Bronx. Au début des années 70, il faisait parti d’un gang de New York nommé les Black Spades. Tout en continuant ses études, Bambaataa arpente les rues de la ville avec son gang jusqu’au jour où son ami Soulski est assassiné.

Bambaataa se pose alors en réflexion sur sa vie et sur la situation des africains-américains au sein de la société blanche américaine qui non contents de les avoir exploités pendant des siècles en tant qu’esclaves, les maintiennent dans la pauvreté, l’ignorance et l’oppression engendrées par la haine et le racisme. Influencé par les leaders des mouvements des droits civiques, comme Malcolm X, Martin Luther King, ou encore Bobby Seale et Huey P. Newton (les fondateurs du Black Panther Party) il décide alors de changer d’état d’esprit, en tant que jeune du ghetto, et de transformer toutes les énergies négatives qui gravitent dans son environnement en énergies positives, par l’intermédiaire de l’expression artistique et de la culture Hip Hop.

Le 14 novembre 1973, Afrika Bambaatta crée la Universal Zulu Nation. Il transforme son ancien gang en un groupe actif de la culture Hip Hop et devient Dj à l’instar de Kool Herc. Bambaataa va être le premier à mixer différents types de musiques : aux Funk et à la Soul des années 60 et 70, il mélange le rock, la musique industrielle de Kraftwerk et beaucoup d’autres styles de musiques.

 


La Zulu Nation qu’il a fondé va par la suite regrouper dans ses rangs beaucoup d’autres Djs, comme Grandmixer DST, Jazzy Jay, Kool Dj Red Alert, Afrika Islam… et rapidement les danseurs vont se retrouvés eux aussi impliqués dans la Zulu Nation qui sera, l’un des éléments fédérateurs des jeunes impliqués dans le Hip Hop. La Nation Zulu Universelle, organisation multiculturelle se réunit autour des valeurs de "Peace, Unity, Love, and Having Fun" (Paix, Unité, Amour, et Prendre du Plaisir). Elle voit la musique et les expressions artistiques fondatrices du Hip Hop comme un moyen d’éduquer les jeunes et de les sortir de l’engrenage de la violence. S’inspirant de valeurs religieuses universelles et fédératrices, empruntées à l’Islam (même si l’accoutrement de Bambaataa et des Zulus aurait fait perdre leur "latin" aux grands Ulémas d’Arabie), Bambaataa tient bien sur le nom "Zulu" de la tribu d’Afrique du Sud qui a tenu en défaite en 1879, grâce à son nombre et son unité, l’armée coloniale hollandaise. Bambaataa veut donc faire de la culture et de la musique un facteur d ‘élévation sociale.


Nous sommes au milieu des années 70, et aux quatre coins du South Bronx, des jeunes se retrouvent fédérer par le même enthousiasme pour le mouvement qui né sous leurs yeux et dont ils sont les acteurs principaux : le Hip Hop. Cette génération à qui la société n’a jamais prêté attention auparavant et que la société américaine cherche même à criminaliser, tient là l’occasion de faire valoir à la face du monde (mais à cette échelle ils l’ignoraient encore) son potentiel créatif.
Un peu partout Kool Herc et les Herculoïds animent des Blocks Party, et très vite Bambaataa lui impose une concurrence acharnée. Jamais auparavant le Bronx n’avait connu un tel phénomène, ils sont des milliers à venir dans les parcs écouter ce son nouveau mixé par des DJ, à venir écouter ces gars parler dans un micro et à venir voir d’autres gars danser et tourner sur la tête, alors que derrière eux, quelques graffeurs et tagueurs viennent se mêler à ce mouvement de foules au risque de dévoiler l’anonymat qui leur permet de rester en liberté. Le Bronx est en effervescence, la culture de la rue bouillonne et ne tardera pas à inonder les autres quartiers de New York.
Un autre jeune homme d’origine jamaïcaine et résident du Bronx allait permettre au Hip Hop d’étendre son champ d’action… GrandMaster Flash, en voyant Herc aux platines, commence sérieusement à s’intéresser à la manipulation de ces engins qui permettent de faire sortir des sons faisant réagir sur l’instant la foule et les danseurs. GrandMaster Flash va mettre à profit ses connaissances en électronique qu’il étudie au lycée pour les associer à l’art du dee jaying… il perfectionne les techniques de Herc ; et s'inspirant de DJ Grand Wizard Theodore, l'inventeur du scratch, Flash crée ses propres techniques de scratchs et de cut… En 76, Flash est au point et la concurrence avec le sound system de Kool Herc peut commencer… Flash commence aussi à écrire quelques rimes, mais trop occupé par les platines, comme Herc, il délèguera le rôle de Mc à d’autres…


Le Mc

On l’a vue Kool Herc avait avec lui ses home boy Coke La Rock et Clark Kent qui rappaient sur les parties instrumentales des disques que jouait Herc… Ces gars sortaient des rimes souvent improvisées ou des expressions déjà bien rodées, qui permettaient d’entraîner les danseurs dans leur show et d’accompagner le DJ, ils faisaient souvent aussi des dédicaces à leur posse présent dans la salle où se tenait la soirée... Ce genre d’activité au micro allait donner le surnom de MC à ceux qui l’exerçait, MC (prononcé 'emcee' en anglais, 'emssi' en français) veut dire : Master of Ceremony (Maître de cérémonie) ou encore Mic Controller (Controleur du Micro). Mais déjà ce type d’exercice linguistique était connu sous le nom de "Rap".
"Rap" en anglais c’est un petit coup sec qui fait du bruit, c’est aussi le fait de communiquer un message au moyen de coups… dans la tradition de l’argot afro-américain le terme "rap" désignait quelqu’un dont la parole était incisive, quelqu’un qui manie les mots avec dextérité, comme le faisait H. "Rap" Brown, connu aujourd’hui sous le nom de Jamil Abdullah Al-Amine… dans les années 60, Rap Brown était membre du SNCC (Student Non-Violent Coordination Comittee) puis du Black Panther Party. Il tenait son surnom "Rap" des jeux et luttes verbales appelés "dozens" dont il était un expert dans le ghetto. "The dozen" et autres "Double Dutch jump rope" pourraient s’apparenter au jeu des "ta mère", en en retirant l’aspect minable qu’y a apporté Arthur… Le principe est que 2 adversaires s’opposent et le but est de descendre l’autre, en lui sortant des grosses vannes sans pitié, n’épargnant notamment pas leur mère… !! Ce sport verbal était pratiqué par les jeunes dans les ghettos, mêlant l’argot de la rue à une grande dextérité verbale et une rapidité d’improvisation. H. Rap Brown de part son envergure médiatique allait donc populariser ce terme qui était son surnom : rap. Rap Brown fut en effet un ministre du Black Panther Party, et était l’un des orateurs les plus impressionnant de ces générations de jeunes révolutionnaires.


Cette tradition orale est typiquement africaine-américaine, mais là encore, elle remonte jusqu’en Afrique et aux griots, qui racontaient les légendes et l’histoire des tribus et des familles. Les griots sont en Afrique les gardiens de l’histoire et de la sagesse populaire. Les descendants des esclaves allaient conserver dans leur patrimoine culturel cet aspect, mais en l’adaptant à la nouvelle réalité qu’ils vivaient aux USA au XXe siècle… Le rap, c’est l’image d’un pasteur à l’Eglise, prêchant sur fond sonore de Gospel, l’image d’un bluesman décrivant la dure réalité dans laquelle il vie, l’image d’un Louis Armstrong, parlant sur le rythme entre 2 solos de trompette, où l’image des Lasts Poets qui acclimataient leurs poésies aux rythmes à la fois urbains et traditionnels des percussions dans les rues de Harlem, ou encore l’image d’un Gil Scott Heron, récitant ses poèmes sur de la musique soul. Le Rap, en tant que forme culturelle orale, était de tout temps un élément fondamental de la culture africaine-américaine.
Les DJ de radios tiennent un rôle important dans la communauté noire, en tant que source d’informations musicales mais aussi politiques. Le "gift to gab" (dons d’orateur) était le bienvenue chez les DJ radios, et là encore le terme "rap" y était associé, comme c’est le cas pour "Jack the rapper", reconnu comme étant une source d’inspiration pour les rappeurs de l’époque.


C’est donc tout naturellement que cette tradition du parlé allait se mêler aux chants dans la musique soul… "Brother Rap", rappait James Brown… qui sans aucun doute allait populariser à l’échelle mondiale ce nouveau type de sonorité vocale… mais il n’était pas le seul à insérer dans ses morceaux une partie parler, Issac Hayes, Barry White, et bien sûr Millie Jackson, allaient eux aussi instaurer le rap dans les partie laid-back (=cool) de leur morceau. En effet le terme rap était déjà utiliser pour appeler le fait de parler sur la musique et Millie Jackson était une habituée de ce type de morceaux, qui lui permettait de poursuivre et de développer par ses paroles en musique les thèmes (très sexy et féministe) de ses chansons… elles ne manquera pas d’ailleurs de s’amuser du fait que tous les rappeurs qui vinrent par la suite lui étaient redevable de tout, notamment dans le morceau "I had to say it", où elle se moque ouvertement des SugarHill Gang et autre Kurtis Blow
Musicalement le rap s’inscrit dans la continuité du funk et de la soul. Des sonorités rares, connues seul des passionnés, retrouvent une seconde jeunesse grâce au rap. Le Hip Hop est un moyen d'exister autrement que ce par quoi la société impose d'exister. Le Hip Hop est une vision de la société et de tout ce qui la compose. Le Hip Hop détourne, s'approprie, crée et transforme le négatif en positif.


Le breackdance

Le hiphop, Une culture de danse
La danse Hip Hop tient bien sûr son origine de l'Afrique, continent duquel plusieurs dizaines de millions d'hommes et femmes noires seront capturées et transportées sur les terres d'Amérique comme esclaves afin de servir les blancs qui voulaient faire de ce nouveau continent "une terre promise".


Ces noires tentaient de rendre moins pénible leur situation par une réminiscence artistique africaine enfouit au plus profond d'eux-mêmes. La danse, élément important de la culture traditionnelle et de la société africaine, va donc être essentielle pour les noires d'Amérique.
Indissociable des musiques que vont créer les noires d'Amérique, la danse va se manifester au cours de l'évolution musicale sous plusieurs aspects.
Ailleurs qu'aux USA, au Brésil, la danse africaine va se transformer en technique de combat, afin de lutter contre les esclavagistes. Mêlé aux rythmes brésiliens ce style de danse/combat s'appelle la capoeira.


Mais à cette culture musicale africaine-américaine, va se greffer l'apport des portos-ricains du Bronx, qui, fans de disco (alors que les noirs préféraient davantage le funk) allaient venir se mêler aux noirs sur les pistes de danse.
La danse Hip Hop se compose de plusieurs spécialités :
• Le break dance qui tient en grande partie sont origine de la capoeira, est constitué de techniques et de mouvements effectués au sol de manière très acrobatique. Cette forme de danse est née à New York. Le Rocksteady crew, avec des danseurs comme Crazy Leg, Frosty Freeze, Ken Rock, les Dynamic Rockers, et les New York City breaker sont les têtes d'affiche de ce type de danse.
• Le deuxième principal type de danse dans le Hip Hop est l'Electric Boogie : lui est une danse qui vient de la côte Ouest des Etats-Unis où elle est appelée Electric Boogalloo, et est dansée sur les formes de Funk de cette côte (l'Electric boogie est connu en France sous le nom de Smurf). Elle est constituée de différentes techniques bien spécifiques, comme le popin', inventé par Boogalloo Jo ou encore le lockin' (blocage) créée à l'origine par Don Campbell.


Rapidement les danseurs se trouvent être des vedettes dans leurs quartiers ; hors, c'est au début des années 70 que New York va connaître ses plus graves problèmes de gang ; la criminalité est en constante hausse, mais le Hip Hop et la danse représentent, pour les jeunes, une alternative aux gangs.


Le graffiti


Le graffiti n’est pas une culture crée par le Hip Hop, le graffiti existait antérieurement mais, étant comme le rap et la break danse, une forme artistique détournée, une culture alternative, il allait tout naturellement se fondre au mouvement Hip Hop. Quand les graffeurs noirs et porto-ricains découvrent le Hip Hop, ils accrochent tout de suite et sentent le potentiel que leur offre cette nouvelle culture.
Le graffiti et le Tag sont les éléments graphiques du Hip Hop, dominés par le même esprit de compétition, de dépassement de soi même, et de détournement culturel, que le rap et la danse, il convient d’y rajouter l’aspect illégal qui fait du graff une discipline à haut risque. Les graffeurs et taggeurs sont génériquement appelés Writers…
Le graffiti, si réduit au simple fait d'écrire sur un mur existe depuis des millénaires, mais dans la deuxième partie du 20e siècle les gangs de New York allaient utilisé se code pour marquer leur territoire. De la même manière les murs étaient un support d'expression pour les militants politiques.
Graphiquement il existe plusieurs types de graff, différents types de lettrage, différents types d’effet (Chrome, 3D) et différents types de supports, les murs furent bien sûr les premiers à être recouverts, mais le support le plus prisé fut le métro de New York, qui d’un bout à l’autre de la ville exposait les oeuvres des graffeurs qui les avait recouvert… Les graffeurs de part leurs oeuvres que tout le monde voyaient devenaient connus dans toute la ville et tous les quartiers, bien que leur véritable identité restait secrète. Mais le graffiti restait un milieu fermé, les writers se connaissaient entre eux et regardaient passer les trains à l’affût des nouvelles pièces peintes par les différents crews. Si le graffiti allait marquer le mental des New Yorkais, qui tous les jours prenant le métro, voyaient ces rames entièrement graffitées, il allait aussi marquer le reste du globe de part la diffusion sur toute la planète via les médias de ces photos de New York, recouvert de graffiti.
Les jeunes ou moins jeunes writers venaient d’origines et de cultures différentes et une bonne partie d’entre eux allaient se reconnaître dans le mouvement Hip Hop qui naissait alors, et par la même occasion, le grafitti allait intégrer officiellement le mouvement culturel Hip Hop. Les writers blanc allaient eux aussi découvrir l’univers du Hip Hop et du rap.

Le DJ Les DJ's puisque le mot est lâché, quant à eux, existaient bien sur depuis longtemps, il y avait ceux des émissions de radio et ceux des clubs, qui passaient du funk ou du disco ; mais le Hip Hop allait révolutionner la donne… S’il n’y avait pas eu de DJ, il n’y aurait jamais eu de Hip Hop. Ceux qui passent comme les 3 fondateurs du Hip Hop en tant que forme musicale sont 3 Dj, en l’occurrence Kool Herc, Afrika Bambaataa et Grandmaster Flash.
Kool Herc est d’origine jamaïcaine, adolescent, il quitte Kingston pour aller vivre à New York dans le Bronx. Doué pour l’athlétisme, ses copains de classe le surnomment Hercule, qui sera abrégé en "Herc". Après avoir graffité son nom sur les murs de la ville, il se tourne vers le Dj’ing et va avoir la géniale idée de transposer le concept des "sound system" jamaïcains de son enfance à la réalité du Bronx. Il organise alors les premières "Block Party", dans lesquelles il passe les disques de Soul et de Funk qu’il affectionne. Equipé d’abord d’une seule platine il était obliger de parler dans le micro à la manière des Dj jamaicains pendant qu’il changeait de disque sur la platine. C’est lorsqu’il commença à mixer avec deux platines qu’il va créer les bases techniques de mixes pratiqués encore aujourd’hui. En jouant le même disque sur les deux platines, il était capable de rejouer plusieurs fois d’affiler les parties du morceau qu’il appréciait, et notamment les breaks. Au fur et à mesure que HEC développait ses techniques de mix, il ne pouvait plus continuer à rapper dans le micro comme il le faisait, il fit alors appel à des amis à lui, comme Coke La Rock, pour s’occuper du mic pendant les block party, ils formèrent les Herculoids. Ils sont le premier groupe de rap. Ceux sans qui rien n’aurait été par la suite.

 
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